Opération reliques
périple véridique en camping-car de cinq comparses au cœur de la catholicité et de l’Italie des Saints (été 2008)
 

Galerie complète


La fine équipe

Le scribe inspiré     La Muse attentive
  Le jeune, prometteur et calculateur
Le conducteur méditant      
Le Cerveau - âme de l’opération - spécialisé dans la photographie et la radioscopie des esprits, à peine dissimulé sur un tronc pendant qu’il traque… A ses côtés, le jeune erre nonchalamment, le mala à la main.

La bête rutilante dans son enclos au côté des siens avant le départ - pas encore amochée - et sans laquelle rien n'eût été possible…

Introduction : motif  touristico - spirituel

Il aura fallu acquérir la conviction de la réalité des biographies[1] des Saints catholiques - qui ponctuent l’histoire de la chrétienté comme celle de toute religion - après lectures, réflexions et eucharisties, pour entreprendre lors de l’été 2008 un voyage de deux bonnes semaines en Italie avec un petit groupe de cinq comparses, unis par une même motivation : entrer en contact rapproché avec la trame de bénédictions émanant du flux ininterrompu de grâces qui prend sa source en Jésus-Christ depuis plus de deux mille ans maintenant[2]. Mais ce motif hautement spirituel n’enlève rien au charme d’une balade confortable dans un véhicule première classe, bien loin des véritables pèlerins d’autrefois qui traversaient des régions entières à pied en mendiant leur nourriture…

  

1/ Rome, objet de tous les embellissements

Point de départ obligé dans la capitale illustre: Rome. La ville tient toutes ses promesses. D’une richesse culturelle proprement inouïe, (comme toute l’Italie) elle satisfait l’œil, le toucher et la mémoire, stimulées conjointement par une Beauté passée mais inactuelle[3], qui aurait presque tendance à occulter le tragique de notre condition humaine. Le mystère de la Croix a engendré en Occident une matrice de science et de beauté[4], au point de faire passer cette dernière pour un substitut de la vérité. Car il est toujours tentant de s’installer dans la terre pure qui émerge spontanément de l’impulsion initiale donnée par l’Avatar, plutôt que dévoiler l’essence nue sans embellissements. ( Cf notre article De l’incomplétude des terres pures ) Nous n’allons pas poursuivre plus avant notre louange romaine et notre digression, ni faire la liste de toutes les merveilles, car de brillants personnages l’ont déjà mis sur papier admirablement, ce qui nous mènerait à des redites superfétatoires. Invitions simplement chacun à aller visiter la capitale et se diriger là où son cœur et sa curiosité le mènent : catacombes, sept églises et autres, fontaines, musée du Vatican, Saint - Pierre de Rome, Colysée, palais Borghèse…. A chacun de définir ses priorités suivant ses goûts et inclinations et de suivre le guide.

Fontaine de Trevi
Place St Pierre de Rome
Dans les jardins du palais Borghèse
Tableaux allégoriques du musée du Vatican qu’on pourrait appeler « le paysan et la Dame », et quelques autres parmi des milliers…
La Piéta de Michel-Ange

Galerie Rome

2/ Rencontre avec les Saints martyrs

Reliques de Saint - Pierre

Après la visite obligée des reliques de SaintPierre le fondateur[5], et la contemplation des instruments qui ont servi à son martyre (des chaînes rouillées et des clous pointus), nous commençons à comprendre avec stupeur à quelle sauce nous allons être mangés nous pénétrons plus avant dans cet univers chrétien. Loin d’être un lieu paradisiaque où l’âme est embellie à un moindre coût, l’on découvre que le prix à payer pour entrer véritablement sur les traces du Sauveur est considérable : rien de moins que sa vie, le plus souvent dans des conditions atroces. De quoi rebuter bien des ardeurs juvéniles, dissuader les âmes les plus entreprenantes et éprouver les candidats sérieux au moyen de solides arguments ! Nous observerons une constante tout au long de notre voyage : les Saints chrétiens meurent généralement tôt, une fois que leur vocation a été affirmée. Pour quelle raison, s’enquiert l’amateur de théoscopie ? Car leur chemin de croix est le plus souvent harassant, et s’accompagne de maladies et de terribles épreuves pour racheter le poids de l’humanité souffrante sur les traces du Crucifié. Si on veut vivre longtemps et se donner à Dieu, la voie chrétienne est d’autant plus dangereuse qu’elle peut s’ouvrir soudainement, car la porte sera toujours entrebaillée. Il n’y a plus qu’à frapper…. Bien sûr, il n’y a aucun masochisme ni aucune tendance morbide chez les vrais disciples, juste la volonté inflexible de s’arracher au joug de la pesanteur terrestre et la connaissance juste du prix à payer pour gagner le Ciel. Contrairement à l’idée dominante aujourd’hui, le Paradis ne s’obtient pas par un effort minimal et syndical. Même si la religion s’adresse à tous dans son message, en particulier sous la forme catholique, seule une minorité peut vraiment la vivre jusqu’au bout. Cela veut dire qu’elle ne s’adresse pas à une minorité d’initiés - à une triste élite spirituelle élue et capable de dominer les autres - et qu’elle n’est pas non plus démocratique dans son principe. Elle demande à la personne une somme de renoncements et d’efforts directement proportionnels aux grâces qu’elle recevra du Ciel. Mais Dieu ne contraint personne et est toujours bienveillant. Il demande une libre adhésion à son Royaume pour comprendre ses Mystères. L’effort et la grâce existent en relation d’interdépendance l’un et l’autre, comme les deux faces d’une même pièce[6]. Si on veut tout, il faut tout donner, sacrifier sa vie individuelle avec sa séparativité inhérente. Autrement, point de salut. Ces paroles sont difficiles à entendre aujourd’hui, à une époque où tout peut se monnayer et s’acheter à bon compte, mais traduisent la stricte vérité et sont conformes aux vues des Saints. Naturellement, on donne que ce qu’on est capable de donner à un moment donné - de telle sorte qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure ni d’affoler notre entourage -, mais cette capacité peut heureusement s’accroître avec la pratique.

Ce talent ne dépend pas forcément de l’instruction reçue préalablement ni de l’âge. Nous pouvons songer à Bernadette de Soubirous, aux jeunes enfants lors des apparitions de Fatima, à Sainte Thérèse de Lisieux et bien d’autres encore... Le don des langues procure une compréhension spéciale du sens des écritures et de bien d’autres choses, sans apprentissage préalable. Il se définit et s’appréhende comme une clarté surnaturelle qui vient directement et tombe du ciel[7]. Nous rencontrons là un motif qui sera récurrent lors de notre voyage : la sainteté d’enfants morts très jeunes, pour lesquels les affres de la maladie ont constitué un vecteur spirituel et les ont rapproché du Christ qu’ils ont su aimer de toute leur âme. L’âge n’attend pas pour la sainteté chrétienne, et c’est là un motif qu’on devrait méditer quand nous songeons à l’éducation des jeunes enfants[8]. Et nous voilà aux prises avec Sainte Agnès, première d’un longue série, dont on trouve les reliques dans l’Eglise Saint’Agnese in Agone, et dont voici la petite histoire.

Sainte Agnes

« Née au troisième siècle à Rome, Agnès, dont le martyre fut rapporté par Saint Damase, par Saint Ambroise et par Prudence (Peristephanon 14), mourut en 303 à l'âge de treize ans. Jacques de Voragine rapporte aussi son histoire, dans la Légende dorée. « À l'âge de douze ans, elle rejeta les avances du fils du préfet de Rome qui la courtisait avec empressement, lui déclarant qu'elle était déjà fiancée à quelqu'un de bien plus noble que lui. Le jeune homme tomba malade d'amour. Lorsque son père en connut la raison, il convoqua Agnès qui lui confia qu'elle était chrétienne et promise à Jésus-Christ. Le préfet lui ordonna alors de sacrifier aux dieux romains sous peine d'être enfermée dans un lupanar. Refusant de lui céder, Agnès fut dépouillée de ses vêtements et conduite, nue, à travers la ville, jusqu'au lieu de prostitution, mais ses cheveux se mirent à pousser miraculeusement recouvrant entièrement son corps. Arrivée dans le lupanar, un ange apparut et l'enveloppa d'une lumière éblouissante, et le lupanar devint un lieu de prière. Alors que le fils du préfet lui rendait visite, bien décidé à la conquérir, un démon l'étrangla et il mourut. Fou de colère, le préfet ordonna qu'Agnès soit brûlée en place publique comme une sorcière, mais le feu épargna la jeune fille et détruisit ses bourreaux ; finalement, Agnès fut égorgée. » (Extrait Wikipédia)

On retrouve là des éléments essentiels qui font partie de la martyrologie traditionnelle des jeunes vierges : elles refusent de s’abandonner au mari promis dans la matière et sont prêtes à tous les sacrifices pour épouser l'époux céleste, seul pourvoyeur de biens véritables à leurs yeux. Que signifie une telle force d’abnégation et de caractère ? S’agit-il de l’expression hystérique de personnalités confuses[9], ou y a-t-il véritablement la révélation des lois d’un ordre qui échappe aux pauvres mortels englués dans leurs cinq sens ?

L’histoire et les écritures sont là pour nous édifier et nous répondre par l’affirmative.

3/ Départ et début du tour

Nous abandonnons Rome après avoir pris possession de notre camping-car pour notre tour de reliques. L’itinéraire mûrement étudié nous conduira d'abord vers le sud, puis ensuite vers le nord en une boucle savamment mise au point. Nous espérons que les Saints veillerons sur nous. Pour l’instant la route est agréable et ensoleillée, mais les bords de la côte sont noirs de monde. Le paysage défile tranquillement pour ceux qui devisent tranquillement sur la banquette arrière derrière la petite table du salon mobile (qui sert de lit le soir au Cerveau) ou récitent leur mantra. Notre conducteur et son co-pilote (nous nous relayons à tour de rôle à ce poste de façon plus ou moins heureuse…) réalisent qu’il faudra à l’avenir les éviter et naviguer à l’intérieur des terres, sans quoi nous risquons d’aller trop lentement, alors que les reliques imputrescibles nous attendent impatiemment... 

Alentours de Nettuno

Direction la petite ville de Nettuno et le sanctuaire de Sainte Maria Goretti. Après la nuit passée au camping et les prémisses d’un premier « satsang [10]», qui deviendra un véritable rituel lors de notre périple, direction la basilique et les reliques de notre Sainte. Une fresque marque l’épisode de sa vie tragique et du pardon qu’elle a accordé à son violeur et agresseur lorsqu’elle était encore enfant, un rude et rustique paysan qu’elle convertira par sa douceur et qu’elle mènera sur le chemin de la foi. Voilà les grandes lignes de l’histoire.

Sainte Maria Goretti

« A l'âge de onze ans, Maria Goretti est déjà très jolie. Elle fait aussi plus que son âge, d'où son surnom de « petite femme ». Alessandro Serenelli, dix-neuf ans, profitant du fait qu'elle est souvent seule, se met à la poursuivre de ses assiduités. La jeune fille se réfugie dans la prière, son seul recours : il lui est en effet impossible d'en parler à sa mère car la survie de toute la famille dépend des terres d’Alessandro. Maria prend garde à ne jamais rester seule avec le jeune homme. Le 5 juillet 1902, alors qu'elle reprise une chemise dans la maison (seule avec sa petite sœur qui fait la sieste; le reste de la famille étant aux champs), Alessandro arrive et entraîne la jeune fille dans la cuisine. Cette dernière se débat tellement qu'il en devient fou de rage. Vexé de ne pas parvenir à vaincre la résistance de Maria, il l'attaque et la poignarde à quatorze reprises. L'enfant est transportée à l'hôpital où elle meurt le lendemain, après avoir reçu la Communion pour la dernière fois. Avant de lui donner l'hostie, le prêtre lui demanda si elle pardonnait à son agresseur. Elle répondit : « Oui, pour l'amour de Jésus, je pardonne. Je veux qu'il vienne lui aussi avec moi au Paradis. Que Dieu lui pardonne, car moi, je lui ai déjà pardonné ». Elle meurt le 6 juillet à trois heures de l'après-midi. Alessandro Serenelli fut condamné à une peine de trente ans de prison pour son crime. Il refusa de se repentir pendant plusieurs années. Une nuit, en 1910, il rêva que Maria lui offrait quatorze lys. Ce rêve lui fit réaliser le mal qu'il avait fait et il se repentit. Après sa libération, qui intervint après vingt-sept années de détention, il alla voir la mère de Maria, Assunta, et la supplia de lui pardonner. Elle accepta et ils assistèrent à la messe ensemble le lendemain, recevant la Sainte Communion l'un à côté de l'autre. Alessandro Serenelli devint alors un frère laïc capucin. » (Extrait wikipédia, « http://fr.wikipedia.org/wiki/Maria_Goretti)

Après avoir fait l’emplette des bondieuseries indispensables et qui vont désormais s’accroître dangereusement[11], nous repartons dare dare vers les montagnes : en route pour Caposele et Saint Gerard de Magella, figure qui tient une place particulière dans notre itinéraire.

 

 En effet, Saint - Gérard n’est pas un saint parmi d’autres : c’est un véritable Avatar qui n’a vécu que 28 ans, est mort de la tuberculose (ce qui confirme à nouveau notre thèse sur la mortalité précoce des Saints chrétiens) et a accompli toute sorte de conversions et miracles extraordinaires. Notre reporter a photographié une galerie remarquable de petits médaillons, à notre connaissance inédite. Donc ouvrez vos yeux : [12]

Galerie Saint Gérard

Caposele à la tombée de la nuit

A la faveur de la pénombre du soir, nous réembarquons à la recherche du camping qui nous accueillera. Il faut souligner que c’est un des exercices les plus périlleux du voyage. Si on trouve facilement les reliquaires et les sanctuaires, trouver un camping ouvert avec des places disponibles en pleine saison relève d’un véritable parcours du combattant. Parfois, de nombreux essais s’avèrent infructueux et il faut s’y reprendre à plusieurs fois avant de trouver chaussure à son pied. On rencontre aussi des endroits pittoresques, comme un repaire de nudistes hollandais nichés au coeur d’un massif alpin, qui nous accueillent dans le plus simple appareil, en nous rappelant qu’on ne peut s’installer chez eux que si on possède une carte spéciale pour les campings nudistes… Pour cette nuit ce sera plus simple. Nous sommes quasiment dans la nature. Nous surplombons les petits villages italiens qui illuminent la nuit profonde, et nous avons pu nous ravitailler en eau et en électricité dans un camping familial. Après une nuit plus ou moins reposante à cause de la chaleur, barricadés pour éviter les moustiques et les chiens errants qui rôdent sous nos fenêtres en aboyant de manière inquiétante, nous nous réveillons et certains d’entre nous découvrent avec stupeur que leurs chaussures laissées négligemment à l’extérieur ont mystérieusement disparu. Nous alertons aussitôt la direction : après quelques recherches, ce sont des chiens qui ont joué avec nos sandales. Nous les retrouveront dans une clairière à proximité. Ce n’est pas la dernière fois que nous aurons affaire à ces amis des hommes. Après un saut dans la piscine, nous décidons de gravir la montagne avec notre véhicule, à la découverte d’un sanctuaire marial qui constitue une véritable niche à reliques. Mal m’en a pris d’avoir dévié notre itinéraire initial et suivi les conseils des autochtones prompts à nous faire vibrer devant les merveilles de leur région, car nous voilà embarqués dans une route de montage à sens unique dans laquelle il est très dur de ne pas rayer toute la carrosserie. Deux centimètres à gauche, deux centimètres à droite, entre les voitures garées de deux côtés, les branches d'arbres râclant le toit et aucune possibilité de faire demi-tour, c'est le cauchemar. Il faut sortir pour relever les branches, avec les voitures qui klaxonnent derrière. Finalement, nous débouchons sur un cul-de-sac au sommet de la montagne… Grâce à l’habileté et au sang-froid de notre héroïque conducteur qui voyait déjà s'envoler en fumée la caution laissée à l'agence de location (qui finalement ne remarquera pas les rayures sur le toit...), nous parvenons on ne sait trop comment à revenir sur nos pas et nous garer dans le parking maintenant libre. En avant vers les reliques poussiéreuses : suit une véritable collection qui nous laisse sans voix.

4/ Nature et fonction des reliques

Sainte couronne d’épines

A ce stade du récit, le lecteur pourrait se demander et douter : mais quelle est la nature et la fonction exacte de ces reliques ? Pourquoi faire tant d’efforts pour de la matière poussiéreuse et pas encore réduite complètement en cendres ? Cette question fut elle-même l’objet d’un débat intense avant d’aller se coucher. Voilà quelles ont été les conclusions de notre satsang nocturne animé et de notre expérimentation. Les reliques sont chargées de puissance spirituelle qu’on appelle « shakti » dans l’Hindouisme, à mi-chemin entre l’énergie purement spirituelle et la composante matérielle des éléments. Leur intérêt est qu’elles « conservent » de façon mystérieuse le puissance propre au Saint et qu’elles ont la propriété de pouvoir continuer à diffuser cette énergie, même des années après sa mort, un peu comme une force électromagnétique. Sentant confusément cela, les adeptes de toutes religions gardent avec soin leurs reliques et en font même parfois de véritables trafics, au point qu’on ne sait pas toujours ce qu’il en est des vrais et des fausses. Les adversaires rationalistes du culte des reliques  y ont vu naturellement un motif satisfaisant pour disqualifier une pratique à leurs yeux superstitieuse et obscurantiste. Malgré cela, la dévotion populaire envers les reliques n’a jamais cessé. Il doit bien y avoir quelque chose de vrai dans un tel phénomène universel, et non pas seulement quelque chose de purement irrationnel et arbitraire[13].  Mais avons-nous la sensibilité nécessaire pour ressentir l’action réelle d’une relique outre nos espoirs subjectifs et nos phantasmes ? Un test de reconnaissance à l’aveugle avec un cheveu d’Amma (relique personnelle de l’un d’entre nous) n’a pas donné les résultats escomptés, ce qui montre sans aucun doute que bien du travail reste encore à  accomplir avant d’être véritablement devenu sensible…

5./ Le cas extraordinaire de Sainte – Philomène

5.1/ Biographie terrestre et céleste

Reprenons le cours de notre récit. Nous nous dirigeons maintenant pleins gaz et dans la chaleur moite de l’été vers Mugnano, la ville qui abrite le sanctuaire de Sainte Philomène, étonnante figure qui a émerveillé le XIXè siècle mais dont la mémoire s’est est un peu éteinte aujourd’hui, après le retrait officiel du calendrier des Saints en 1962 pour des raisons encore obscures. Il s’agit à nouveau d’une jeune vierge martyre et romaine, mais dont l’historie originale est proprement extraordinaire, car voilà la seule sainte de l’Eglise qui a été ignorée pendant 1800 ans. Ses restes ont été découverts au début du XIXè siècle, et c’est devenue la plus grande thaumaturge chrétienne du siècle, alors qu’on a ignoré son existence pendant 1800 ans. Elle a révélé sa biographie par transmission directe d’esprit à esprit, (ou par channelling comme on dirait aujourd’hui) puisqu’ il y aucune source écrite parlant d’elle. On ne connaît que les restes de la fille de la lumière découverte dans les catacombes : une fiole avec du sang desséché, une palme, trois flèches, une fleur et une ancre. [14] Par son intercession de nombreux miracles ont été attesté et le curé d’Ars en avait fait sa plus grand amie et confidente. Il accomplissait toutes ses guérisons grâce à cette divine collaboration. « Le tombeau de cette vierge et martyre, inconnue jusqu'aux premières années du siècle dernier, fut providentiellement découvert aux catacombes, l'an 1802. Dieu a rendu célèbre par tant de miracles la découverte du corps de sainte Philomène; le culte de cette jeune Sainte s'est répandu dans tout l'univers avec une rapidité si merveilleuse; elle a reçu et reçoit de toutes parts des hommages si exceptionnels, qu'elle mérite d'être placée au premier rang parmi les vierges et martyres que vénère l'Église. Le saint curé d'Ars l'appelait sa chère petite Sainte et faisait des merveilles par son invocation. D'après les études fort sérieuses des savants, sainte Philomène aurait été une enfant du peuple, immolée au premier siècle pour Jésus-Christ, à l'âge de douze ou treize ans. L'examen de ses ossements a permis d'apprécier son âge; la fiole de sang desséché trouvée dans sa tombe indique clairement son martyre; les instruments de supplice peints sur la plaque de terre cuite qui fermait le tombeau, les flèches, l'ancre, la torche, nous montrent quels genres de tortures elle a souffert; l'inscription: La paix soit avec toi, Philomène, nous fait connaître son nom vénéré. C'est à bon droit que sainte Philomène a été appelée la Thaumaturge du XIXe siècle. Aucun Saint peut-être, dans ce siècle, n'a opéré tant de prodiges. On l'invoque dans tous les besoins; mais elle semble s'être déclarée surtout l'amie et la protectrice des petits enfants. De tous les miracles qu'elle a faits, le plus grand est l'explosion de confiance et d'amour qu'elle a excitée en toute l'Église. (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950)

5.2/ Connaissance par participation et par identité : deux modes de réalisation divine

D’après le théologie dogmatique officielle, les Saints agissent sur les vivants car ils appartiennent à l’Eglise triomphante et participent déjà pleinement au corps mystique de Jésus dans la communion des Saints[15]. Aussi peuvent-ils dispenser leurs grâces et intervenir dans le monde sensible pour accomplir guérisons et miracles, même s’ils ne pas tirent pas in fine leur pouvoir de leur propre fond. Ils connaissent la divinité et ses desseins sous un mode participatif, et non par identité. Ils sont liés par l’Eglise du Christ. On peut esquisser une analogie avec le corps mystique des dévots qui bourdonne autour d’un Maître dans l’hindouisme, et forme lui aussi une unité fonctionnelle des parties et du tout. L’esprit de vie du Maître rayonne à travers les veines subtiles des dévots reliés organiquement entre eux. Et ils ne peinent pas à trouver leur identité propre, car ils ne la recherchent pas. Ils souhaitent participer, s’agréger, s’intégrer à la nature du Maître plutôt qu’à la leur. D’ailleurs, cette perspective colle tout à fait avec la proclamation d’un Soi universel qui inclut et rassemble les petits Soi, à tel point que certains en viennent à nier l’existence de la réalité de l’âme individuelle au profit de la totalité.
A l’inverse, les bouddhistes insistent sur l’aspect opposé : ils vont parfois jusqu’à nier contre toute évidence l’existence d’une nature commune, au profit de l’individualité absolue de l’état naturel inhérent à chaque être sensible. Parfois, l’esprit du Maître peut véritablement s’emparer de celui des dévôts dans l’Hindousime et, avec leur consentement, les assigner à leur service pendant d’innombrables vies. On comprend alors le poids de la  parole « s’abandonner aux pieds de lotus du Maître ». Les dévôts jouissent alors d’une sorte de statut spirituel, puisqu’ils sont pourvus de grâce au nom du Maître et qu’ils peuvent la diffuser, mais ils doivent pour cela effacer leur identité propre. Savante et édifiante pédagogie pour gagner sa nature divine en toute humilité, mais les bouddhistes ont une tout autre perspective – presque contradictoire - que cette satellisation spirituelle et la dépendance qui en découle presque nécessairement : ils visent la conquête de leur liberté intérieure et de leur autonomie, qui s’exprime véritablement une fois l’état de bouddha réalisé dans une Personnalité divine autonome libre d’entraves pour aider les êtres. Le corps d’émanation nirmanakaya qui émane spontanément du dharmakaya et de son ornement sambogakaya est habité par une Personne libre qui a réalisé sa nature. L’activité des bouddhas entre eux s’harmonise naturellement conformément à l’omniscience commune, sans aucun plan préétabli ni besoin d’aucunes concertations[16].

6/ Une cascade de reliques

Notre parcours se poursuit inlassablement au gré des campings et des reliquaires qui se succèdent. Pour que la perception d’une relique soit vraiment efficace, qu’on puisse pour ainsi dire s’intégrer à son champ de manifestation, il faut avoir réuni plusieurs éléments convergents : la lecture de la biographie du Saint(e), une certaine sympathie naturelle pour lui, une ouverture d’esprit propre à apprécier le caractère unique du moment présent. Une fois ces conditions opérantes réunies, on peut espérer recevoir un darshan par l’intermédiaire de la relique. Sinon, on est plus proche de la visite classique du musée. Ce qui n’a rien de déplaisant, surtout en Italie où les merveilles de l’art foisonnent un peu partout. Suit un flot impétueux de reliques : Assise, Pise, Florence, Montepulciano, Cascia, Padoue, visitées en un coup de vent dans le but unique que nous nous étions fixé tiennent leurs promesses et défilent sous nos yeux ébahis.


Nous pouvons contempler entre autres de magnifiques manuscrits enluminées dans des Livres d’heure à Sienne qui font la fierté de cette librairie.

Et enfin nous rencontrons Sainte Gemma dans sa ville de Lucca qu’elle n’a jamais quitté. Sa biographie [17] est emblématique : une vie courte, rongée par la maladie, pleines de souffrances et d’extases ineffables, mais tournée vers le salut des âmes et le rachat de nos péchés. Un exemple certes admirable, mais qu’on a du mal à faire sien et un sort qu’on est pas prêt de vouloir assumer de sitôt.

Conclusion :

Jeanne d’Arc, incarnée mystiquement par Renée - Jeanne Falconetti dans le film de Dreyer

Le christianisme nous conduit infailliblement vers la rédemption, mais son chemin est bien austère. Comme l’attestent des exemples tous concordants, il implique une soumission complète et une abdication de l’identité, afin que la volonté de la Trinité se substitue à celle de l’individu. Une connaissance divine par participation en résulte, qui laisse peu de place à l’initiative personnelle mais assure l’effusion des grâces.

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[1] Par réalité, nous entendons que les Saints ont véritablement revécu l’histoire de la Passion et qu’ils en ont éprouvé dans leur chair toute la vérité. Bref, qu’il se sont unis à Dieu, pas métaphoriquement ni symboliquement, mais réellement. Cette union se traduit par une vie hors du commun, une capacité de communication directe avec le Seigneur, ainsi qu’une aptitude extraordinaire à transformer profondément la vie de ceux qu’ils côtoient, de près ou de loin. Certes, les biographies dérivent le plus souvent en hagiographies qui viennent alimenter la Légende dorée, mais leur fond demeure véridique, par-delà les extrapolations de leurs rédacteurs. C’est pour cela que les récits les plus fiables restent celles écrites par les Saints eux-mêmes.Toutefois, les miracles les plus étonnants qui jalonnent leur existence ne doivent pas être rejetés a - priori, car toutes les traditions s’accordent pour dire qu’à partir d’un certain niveau de réalisation spirituelle - quelque soit la façon dont elle a été obtenue - la maîtrise des éléments et de la matière survient spontanément. Une excellente source de récits biographiques chrétiens et d’autres textes spirituels se trouve sur le site inspirant de Roland Soyer : » http://livres-mystiques.com »

[2] Dans toutes les traditions authentiques, nous trouvons l’existence d’une chaîne ininterrompue de bénédictions qui œuvre dans le temps et l’espace, mais dont l’origine ontologique les transcende. Pour s’en persuader, il faut aller humblement à la rencontre des Maîtres spirituels et recevoir leur darshan. La transmission spirituelle de la grâce et de l’influx mystique se réalise de nature de l’esprit à nature de l’esprit sans intermédiaire au niveau le plus haut et le plus direct, de nature de l’esprit à l’âme par télépathie au niveau médian, et de la nature de l’esprit à l’âme par une médiation intellectuelle ou sensible au niveau le plus bas.

[3] Pour modérer notre propos et notre enthousiasme, on peut tout de même dire que cette gloire est due pour l’essentiel au travail accompli par le passé, et que pour le présent, c’est là comme partout : l’Esprit vivifiant semble avoir déserté les lieux au profit de la mécanique et de la technologie envahissante du « monde moderne ».

[4] Visible en particulier dans le génie qui a engendré d’abord les cathédrales, puis la musique classique, enfin les sciences en tant que connaissance possible de la matière grâce à la raison et au potentiel de perfectibilité infini propre à l’être humain. Mais ces thèmes un peu éculés mènent surtout à des ressassements passéistes et n’apportent pas grand chose de neuf.

[5] Pour une documentation précise, se reporter à la page wikipédia « fr. wikipedia.org/wiki/Pierre »

[6] Au cours de l’histoire de l’Eglise comme dans les autres religions, une interprétation fallacieuse de la Bible conclut que tout est prédéterminé à l’avance, que Dieu a choisi ses élus, de sorte que tout est déjà joué et que tout effort personnel est vain, en raison de la pré - science divine. Le christianisme a une inclination naturelle et dangereuse vers les théories de la prédestination, car il fait tout dépendre de Dieu et pas grand chose de la créature. Pratiquement, les Saints ont très peu d’autonomie et ont une connaissance par participation plutôt que par identité de la divinité. L’absolutisme n’est jamais loin, surtout quand il menace d’être transposé sans discernement sur le plan humain. On en a vu les dramatiques conséquences historiques. L’omni - science doit composer avec le libre - arbitre des volontés individuelles dans le choix des com - possibles qui viennent à l’existence. Une volonté libre est échue à l’homme, et elle gouverne toute son évolution: il peut l’orienter dans le règne de la nature déterminée ou celui de la grâce, dans le domaine métaphysique du Destin ou de la Providence, suivre mécaniquement l’enchaînement karmique des causes et des effets ou pratiquer les enseignements des bouddhas miséricordieux. Dieu est omnipotent, mais doit tenir compte de la liberté des êtres, car sa nature est amour. Il ne peut donc pas contraindre les créatures par arbitraire et despotisme. Il pourrait le faire en théorie mais ne le fait pas, par auto – limitation de sa puissance infinie. Il réajuste sans arrêt ses desseins insondables aux mobiles des êtres. Rien est joué d’avance et tout peut changer en fonction de l’usage de notre volonté. Rappelons quelques citations de Fabre d’Olivet qui a tout dit sur ce point dans son commentaire aux Vers dorés de Pythagore.

[7] Encore faut-il relativiser. Dans le christianisme, on ne peut rendre compte d’un tel phénomène que par une grâce spéciale de Dieu, ce qui renvoie indirectement à l’idée de prédestination. Dans le bouddhisme en revanche, cela s’explique parfaitement et logiquement: les dons proviennent de l’acquisition héritée des vertus des vies antérieures. Rien ne vient de façon fortuite et tout est affaire relations dépendantes.

[8] Cela veut dire qu’on peut introduire des éléments d’instruction spirituelle dès le plus jeune âge, sans attendre que l’esprit se rigidifie, car un esprit jeune peut s’ouvrir de façon intuitive à la vérité sans trop attendre. Il faut profiter de la plasticité exceptionnelle du cerveau à ses débuts, avant qu’il ne soit trop tard.

[9] Lorsqu’il s’agit de troubles mentaux, l’expression elle-même est confuse et nébuleuse, et n’atteint pas la clarté et la précision des écrits des Saints. Que l’on songe par exemple à l’autobiographie de Sainte Thérèse d’Avila. On remarquera aussi qu’on remet plus facilement en cause les écrits des mystiques femmes, alors que les hommes sont davantage crédités de la rationalité…

[10] Un satsang (dans notre terminologie humoristique) est une discussion sur un sujet spirituel, ou sur un problème de relations concernant la vie commune. Certaines personnes peuvent devenir volontairement ou malgré elle le sujet d’un satsang, d’autres en étant plus ou moins préservées. La discussion doit enrichir chacun au final et permettre de voir toujours plus clair. L’art de conduire le satsang est généralement réservé au Cerveau, qui lit dans les intentions les plus secrètes. Mais il sait ménager ses hommes de main en fonction des besoins…

[11] J’ai pour ma part rassemblé une véritable collection de petites médailles, et qui vient de connaître son point d’orgue avec la visite de la Médaille miraculeuse à Paris.

[12] On se reportera avec profit à la biographie à l’adresse suivante sur le site de Roland Soyer déjà cité : « http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Majella/Majella.htm »   

[13] Quelques précisions dogmatiques: « Théologiquement, le culte des reliques, comme celui des images, se fonde sur le respect dû aux saints en tant que membres glorieux du Christ, et sur l’idée qu’en vénérant les Saints à travers leurs reliques, on s’inspire de leur amour de Dieu, ou on aime Dieu à travers eux ; populairement, ce culte se fonde simplement sur la puissance bienfaisante et éventuellement miraculeuse qui est inhérente aux corps des bien heureux et qui se communique plus ou moins nécessairement – suivant l’importance du saint - aux objets ayant été en contact avec ces corps. L’idée d’une présence bienheureuse a été enseignée saint Cyrille de Jérusalem et d’autres Pères de l’Eglise, tandis que la  thèse de la fonction moralisatrice a été soutenue surtout par les scolastiques. Il faut distinguer dans une relique trois forces différentes : la première est l’influence bénéfique inhérente à l’objet même ; la seconde est une énergie psychique surajoutée, qui provient des dévots et qui résulte d’un culte intense et prolongé ; la troisième est l’aide que le saint accorde éventuellement à partir du Ciel, indépendamment des deux précédents facteurs, mais se combinant avec eux, s’il y a lieu. La présence d’une force théurgique est plus certaine quand il s’agit de restes corporels, tels que des os ou du sang, mais elle n’en est pas moins probable, dans les cas d’objets ayant appartenu aux saints personnages ; dans le cas de personnes quasi divines, tels le Christ et la Vierge, l’inhérence d’une puissance théurgique  dans le moindre objet les ayant touchés est même tout à fait évidente. Cette puissance n’agit toutefois pas à l’aveuglette : sa manifestation positive ou négative dépend de la nature de l’individu qui en bénéficie ou qui la subit, et aussi de toutes sortes de circonstances tant subjectives qu’objectives. » (F.Schuon, L’ésotérisme comme principe et comme voie, chapitre la fonction des reliques) L’efficacité de la relique qui agit comme puissance théurgique et catalyseur de darshan ne tient peut être pas tant à elle qu’à un ensemble de circonstances interdépendantes qui conditionnent son efficacité, ce qui explique des fausses peuvent avoir un effet réel et des vraies aucun effet s’il n’y a pas de récepteur adéquat. Il suffit de songer par exemple à la couronne d’épines qu’on vénère tous les premiers vendredis du mois à Notre – Dame qui ne doit plus avoir de véritables épines…

[14] La vie de Sainte - Philomène par elle-même : « http://paxtecumfilumena.free.fr/vie.htm »

[15]« Toute la doctrine des Sacrements est donc tributaire du dogme de notre incorporation à Jésus-Christ. Le baptême ne nous sanctifie que parce qu'il établit entre Jésus et nous ce lien vital, grâce auquel la sainteté de notre Chef divin s'écoule en nous, ses membres. Si la confirma­tion nous confère le Saint - Esprit, c'est parce qu'elle fait de nous le mystique prolongement du Christ, sur qui repose et en qui réside la plénitude de l'Esprit - Saint. Mais saint Thomas insiste particulièrement sur cette union vivifiante à Jésus-Christ, quand il traite du sacrement par excellence, de la divine Eucharistie. Pour lui, en effet, « la grâce propre de ce sacrement, la res sacrameni, c'est l'unité du Corps mystique ».A cette doctrine si nette de saint Thomas sur le rôle de Chef qui revient au Christ, il faut ajouter ce qu'il ensei­gne sur la diversité des membres qui constituent le Corps mystique de Jésus-Christ. L'unité dans la multiplicité, c'est la loi qui préside à l'harmonie du monde; elle appa­raît non moins belle en cet organisme surnaturel qu'est le Corps mystique. Car, nous dit le saint Docteur, comme dans l'ordre na­turel, la perfection qui se trouve en Dieu d'une manière simple et uniforme ne peut se rencontrer dans l'univers créé qu'en se divisant et en se multipliant, ainsi la plénitude de grâce qui est toute réunie dans le Christ, comme dans la Tête se répand diversement dans les membres pour que le corps de l'Église soit parfait. Tel est l'enseignement de saint Paul aux Éphésiens (IV, 11 - 12) : Le Christ a constitué les uns apôtres, d'autres prophètes, d'autres évangélistes, d'autres encore pasteurs et docteurs, pour la consommation ou l'achè­vement des saints.
L'unité de l'Église se trouve-t-elle compromise par cette diversité des fonctions? Bien au contraire. La mul­tiplicité des organes fait ressortir davantage la cohésion vitale du corps humain et l'interdépendance de toutes ses parties; ainsi en va-t-il du Corps mystique : « La diversité des états et des offices, dit saint Thomas, ne détruit pas l'unité de l'Église, qui est garantie par l'unité de foi et de charité; et par les services mutuels, selon la doctrine de saint Paul aux Éphésiens (IV, 16). » Cependant la foi et la charité, et cette subordination hiérarchique par laquelle « les uns sont appliqués au service des autres», ne constituent pas les principes ultimes de l'unité du Christ plénier; la source première de cette unité surnaturelle, pour saint Thomas, c'est le Saint - Esprit, âme du Corps mystique, selon la doctrine de l'apôtre : Unum Corpus, unus Spiritus. Tout comme dans le corps naturel, écrit notre saint Docteur, les membres divers sont maintenus dans l'unité par la vertu de l'esprit vivifiant, et se désagrègent dès que l'âme s'en éloigne, ainsi, dans le Corps de l' Église, la paix est assurée entre ses divers membres par la vertu du Saint ­ Esprit qui vivifie le Corps de l' Église, comme l'enseigne saint Paul aux Éphésiens (IV, 3) : Tâchez de garder l'unité de l'Esprit dans le lien de la paix. Saint Thomas, on le voit, nous fournit une doctrine précise et très étendue sur le beau mystère du Christ plénier; nous n'avons fait qu'en indiquer les lignes directrices. A ce qu'il vient de nous dire sur le rôle de la foi et de la charité, et sur l'influence du Saint -Esprit, pour maintenir l'unité du Corps mystique, il faut rattacher ce qu'il enseigne ailleurs plus au long sur la nature de la grâce et des vertus théologales, et sur l'habitation du Saint - Esprit dans l'âme des justes. On trouvera de la sorte, dans la Somme théologique, et dans les autres oeuvres du Docteur angélique, non plus une simple esquisse, mais une théologie complète sur la nature et la vie du Corps mystique de Jésus-Christ. (Le Christ Chef mystique de l'Église, La Vie Spirituelle, 1er Novembre 1934, N°182)

[16] Dès lors, on peut douter que les bouddhas se réunissent en des sortes de conciles et loges mystiques pour harmoniser leurs plans et sauver l’humanité… Tout se produit en réalité de soi-même.

[17] A lire sur le site des « livres mystiques » pour d’édifier un peu sur la pratique des vertus chrétiennes.