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Le Yoga des elfes et de la Petite perfection pour tenter de réaliser la pureté intrinsèque des phénomènes
Par

 

Oeuf cosmique - Lena Orye

Introduction

L’état naturel désigne un état de pureté et de spontanéité auquel il est fait référence dans le bouddhisme, en particulier dans la tradition du dzogchen, mais qu’on retrouve aussi dans l’hindouisme. Il est décrit aussi allusivement dans d’autres religions par des mystiques sauvages qui n’ont pas eu peur d’affirmer leur propre liberté. Certains maîtres comme Ramana Maharshi ou Ma Anandamoyi emploient ce terme pour désigner le souverain bien et le but final de l’évolution humaine. En réalité, c’est simplement la base pure des qualités universelles de l’esprit, qu’aucun groupe ne saurait s’approprier, puisqu’il représente le trésor unique de chacun d’entre nous, et il peut s’exprimer de mille manières différentes. Il est à l’origine de toute la gamme des phénomènes qui englobent la conscience et la matière, les enfers et les paradis.

L’être humain parviendra à une perfection de lui-même relative, s’il arrive à transformer la base et la substance de son environnement interne et externe, pour en faire un miroir de la Nature. Cela peut difficilement s’opérer de façon solitaire, et c’est une réalisation de longue haleine qui prend du temps, mais qui permet de soulever d’un seul coup le sol de notre existence une fois qu’un certain seuil vibratoire est atteint. Ce mouvement met un terme définitif au malheur et change notre rapport au monde, car il donne le « la » en récupérant les énergies élémentaires dispersées aux quatre vents. Il joue le rôle de «condensateur» naturel, qui centralise autour d’un axe mobile et rotatif nos moyens d’expression et de jeu. Il faut être au moins trois pour que le mandala se dessine et que le stoupa naturel s’édifie sans efforts pénibles : une antenne, une caisse de résonance et une main. Un capteur, un tambour et des outils vivants pour interpréter une partition et improviser des mélodies. A partir de là, des organes, des fonctions et des instruments supplémentaires peuvent apparaître librement, venir s’agréger et se greffer à ce noyau fondamental pour l’enrichir et le multiplier. Pas besoin de faire référence de façon obsessionnelle au divin et de se sentir spécial, une fois qu’un sens émerge clairement autour de nous.

 


1/ La pauvreté de notre monde et la carte aux trésors.

Le problème des perceptions erronnées
Le problème dont nous ne sommes pas conscients, c’est que nous vivons dans un monde de perceptions contaminées, ou impures. Autrement dit, l'aspect de l'arbre ou la table que nous voyons dépend de l'état de notre corps subtil, qui est en quelque sorte contaminé par notre saisie du "je" et des phénomènes. Expliqué très simplement : lorsque nous voyons un nuage qui a par exemple la forme d'un cheval, nous avons du mal à ne pas penser à un cheval. Si nous rêvons, ce nuage de rêve va se transformer très vite en cheval, sans que nous en ayons véritablement conscience. En ce qui concerne les apparences matérielles, il s'est passé la même chose. A un moment donné, nous avons commencé à nommer les apparences qui s'élevaient, ce qui les a solidifiées et nous a conduits dans le monde de matière solide où nous vivons actuellement. Ce qui nous apparaît actuellement comme le "monde extérieur" apparaîtra complètement différemment à une conscience dénuée de karma.
Au sujet de la méditation sur l'impermanence

Le mythe de l'instant présent
C'est pour cette raison que les méthodes fondées sur l'instant présent ne peuvent pas fonctionner, à moins que l'on n'ait déjà une réalisation stable de la vacuité. En effet, tout ce que nous pouvons percevoir dans cet instant présent est contaminé par la saisie, et plus nous allons essayer d'en prendre conscience, plus nous allons renforcer le phénomène, et perpétuer l'erreur initiale. Si nous reprenons l'exemple du nuage cité plus haut, celui qui est dans "l'instant présent" s'interdira d'imaginer un cheval, mais il n'en percevra pas moins un nuage avec une conscience saisissante (ou duelle). Pour se justifier, il nous dira "le nuage est réel, alors que le cheval est une imagination", oubliant ainsi l'axiome fondamental du bouddhisme, à savoir que TOUT est créé par l'esprit, les "objets réels" aussi bien que les "objets imaginaires" - cette distinction étant précisément la marque de l'esprit enferré dans le samsara. Que nous voyions les mêmes "objets réels" (d'ailleurs nous ne voyons pas tout à fait les mêmes) s'explique simplement par nos karmas communs.
Une conscience dénuée de karma ne voit ni nuages ni chevaux, mais des apparences qui sont clarté/vacuité, et dont elle ne peut rien dire. Ici, on nous objectera sans doute : "Oui mais un mur est solide pour tout le monde". Même en laissant de côté les témoignages de gueshés nous assurant que des amis à eux sont passés à travers les murs, nous pouvons simplement répondre à cela que, dans les bardos, notre saisie des apparences nous a conduits à nous incarner dans un monde solide, et que lorsque cette saisie disparaîtra, le besoin d'un tel type d'incarnation aussi, en sorte que nous ne rencontrerons plus de murs solides. Qu'il en existe pour certains êtres est fonction de la réalité qu'ils se créent.
Nous ne sommes pas en train de dire qu'il n'existe pas "d'univers", nous sommes plutôt en train de dire que l'apparence qu'il prend pour nous est totalement conditionnée par notre karma. Il y a bien "quelque chose" ayant émergé de la vacuité primordiale, mais ce quelque chose nous est inaccessible en l'état, et ce n'est pas "l'instant présent" qui va nous le rendre plus accessible. Au contraire, le mythe de l'instant présent nous coupe du seul instrument capable de nous sortir du samsara : l'imagination. (
Ajoutons une précision : nous ne sommes pas en train de dire que les préceptes du Bouddha concernant l'établissement de l'attention sont erronés, mais que soit ils s'adressent à des pratiquants ayant déjà une réalisation de la vacuité, soit leur effet consistera à diminuer artificiellement la saisie du "je" et des phénomènes, sans apporter de réalisation réelle, pour des raisons que nous expliquerons plus loin.

La pauvreté de notre univers
Le corollaire de nos perceptions contaminés, c'est leur pauvreté. Nous pensons, parce que nous avons multiplié les objets de sens, que notre univers est "riche", mais cette quantité d'objets masque une extrême pauvreté de sens. Il suffit de prendre le métro pour s'en apercevoir. Bien que l'on soit agressé en permanence par un très grand nombre de couleurs, de formes, d'odeurs et de sons, rien de tout cela n'a le moindre sens. D'ailleurs, les gens ne s'y trompent pas, et ils ne sont pas en train de se délecter de l'instant présent : ils se réfugient dans leurs lectures ou dans leur téléphone portable. Et c'est une saine réaction. Il faut être un idiot ou un bon pratiquant pour prétendre que le métro est un endroit merveilleux. - A ce sujet, nous avons pu constater au cours de nos recherches que l'esprit ordinaire connaît les remèdes à son malheur, mais ne les identifie pas comme tels. Par exemple, à celui qui rêvasse, on dira :"Tu fuis la réalité", alors qu'il est plus sain finalement que celui qui l'accuse de fuir, car, au moins, il a reconnu que le monde de ses perceptions contaminées est insupportable.
Quoi qu'il en soit, nous avons tellement perdu le sens de la véritable richesse que nous n'imaginons plus qu'il soit possible d'être riches, et que nous nous contentons de notre pauvreté en pensant qu'elle est la norme. C'est uniquement en réintégrant de la richesse dans notre univers que, par contraste, nous pouvons voir à quel point nous étions pauvres, et le chemin qui nous reste à faire avant de devenir riches.

Afin de remédier à cette situation véritablement dramatique, nous avons inventé une voie accessible pour les minuscules vers de terre que nous sommes : le « chemin de la petite perfection », qui permet de faire en miniature ce qui se pratique chez les grands. Puisque la même réalité fondamentale infuse, imprègne et enveloppe de façon égale le grand monde et le petit, la seule chose qui importe est de réaliser la nature de notre esprit. Que ce soit avec de grands ou de petits objets ne changera rien à la valeur de cette réalisation. Et nous ne parlons pas ici d'une "expérience", ce qui est à la portée de tout de monde, mais de quelque chose d'établi.

Réaliser la vacuité
Pourquoi les êtres ordinaires que nous sommes n'ont-ils pas de réalisation de la vacuité - et pourquoi est-il facile de le voir ? C'est parce que, au niveau du corps subtil, le canal central ("lieu" de réalisation de la vacuité) est fermé, en sorte que les vents karmiques, ou contaminés, circulent sans fin dans les canaux latéraux, qui représentent l'attraction et la répulsion. Lorsqu'ils cessent leur ronde incessante, c'est seulement pour tomber dans l'inertie. Et quand ils entrent réellement dans le canal central, lors du sommeil, à ce moment nous perdons conscience, il n'y a donc pas de réalisation.

Dans le canal central, les couples d'opposés qui donnent naissance à la perception dualiste sont neutralisés. Le masculin et le féminin, le sujet et l'objet, l'attraction et la répulsion, retrouvent leur unité et sont vus comme le jeu des cinq sagesses. Pour attirer en ce lieu magique les souffles supports de nos perceptions, il n'y a qu'un seul secret : l'amour. En effet, l'amour réduit la distance entre le sujet et l'objet, et lorsquils se fondent l'un dans l'autre, le résultat n'est pas un Témoin qui regarde le Vide, ce qui serait la suprême dualité, mais cet état indicible et clair par lui-même, qu'on nomme "état naturel". Le canal central n'est pas un lieu physique avec des soupapes, des portes et des serrures, qu'on pourrait ouvrir en soufflant dedans comme dans un ballon à l'aide de pranayamas, c'est le "sens" de l'état naturel.

La méthode
Nous sommes habituellement coupés de nos représentations et de ce fait, nous ne parvenons pas à les aimer. En termes abstraits, le sujet doit parvenir à « faire un » avec son objet, en se libérant de la distance qui sépare habituellement le Moi et les phénomènes. Ce qui provoque spontanément un « retournement » de l’esprit et lui fait automatiquement recouvrer sa dimension d’infinitude innée, l’état naturel des agrégats matériels et de la conscience. Les vents porteurs des conceptions et des représentations fusionnent avec leur objet, et l’ensemble est ramené et aspiré par le coeur, ouvert par le désir ardent et l’effusion spontanée. Pour combler le fossé qui nous sépare habituellement de nos représentations, il nous faut donc découvrir et choyer des cibles faciles à aimer, afin que les « vents » mobiles se déplacent aisément vers l’objet convoité et s’unissent à lui, réduisant ainsi le fossé entre soi et les autres.

Les quatre yogas créatifs
Il en découle logiquement quatre yogas créatifs, suivant les centres concernés et les types d’objets visés, selon les préférences et les capacités de chacun.

Le « yoga des mouvements inspirés » mobilise en premier lieu les parties basses du corps. C’est l’équivalent du yoga des oeuvres de Sri Aurobindo, ramené à une dimension pratique. Nous ré-interprétons le « seva » traditionnel dans une perspective créative, afin que chacun y trouve son compte, et ne soit plus tributaire de systèmes contraignants qui vont à contre-courant tout en prétendant nous amener à destination. Le but, c’est de purifier les vents, c’est-à-dire de leur faire prendre leur mouvement naturel et spontané. Celui qui convient à notre nature, et répond au désir profond et à l’aspiration de notre âme. Car la vie est faite de mouvements, et le « Moi statique » doit les intégrer tous pour se densifier et acquérir de la substance. En particulier ceux du « vital » et du « physique », qui font l’objet de ce premier yoga.

Le « yoga de l'Imaginaire » a pour centre le coeur, et il permet de purifier tous les vents-racine, la gamme complète des sentiments et les émotions qui en sont issus. Nous avons élaboré un moyen original au travers du Roman dharmique et de l’écriture alchimique, qui permet de se libérer de la forme externe du gourou, en intériorisant dans des histoires et des personnages les désirs que nous projetons habituellement sur le monde et dans des archétypes cristallisés. L’énergie contaminée et l’angoisse fondamentale se trouvent libérées spontanément et elle peut alors circuler sans obstacles majeurs, en générant des contes merveilleux à partager entre amis.

Le sévère et doux « yoga de la connaissance » traite avec l’intellect supérieur. Il permet d’acquérir une connaissance par identité des objets et de s’ouvrir aux dimensions célestes par sympathie. L’empathie ressentie pour les auteurs et leurs oeuvres originales permet d’assimiler télépathiquement les contenus, sans efforts excessifs, et de les inscrire dans notre Mémoire psychique fondamentale. L’exercice de l’intelligence est une fonction à ne pas négliger sous aucun prétexte, car elle permet d’assimiler la substance lumineuse de l’esprit et de la ramener au coeur.

Le « yoga naturel » parachève l’ensemble de ces pratiques. Il correspond analogiquement au « yoga de la perfection » de Sri Aurobindo. Nous retrouvons les oeuvres en tant que déploiement spontané et actif de notre nature. En expérimentant simultanément l’esprit dans son mouvement d’expansion naturelle et sa résolution dans la simplicité primordiale, nous unissons le « Moi statique » au « Moi dynamique », pierre angulaire de la pratique de la petite perfection et nous suscitons l’apparition de trésors de l’esprit qui font le bonheur de tous.


Il y a donc trois portes d’accès latérales aux mondes vitaux, psychiques et mentaux, par lesquels nous pouvons réaliser le même Etat naturel qui imprègne tout et diffuse spontanément la vibration de vérité, par contagion efficace, car il en est la source unique et indicible. Et un grand portail central avec une « bannière triomphante » de cinq couleurs, où l’Infini se voit lui-même dans sa réflexion pure. Mais tout cet appareillage ingénieux fonctionnera uniquement si nous arrêtons de nous prendre au sérieux, et si nous avons en vue un monde d’enfance intelligente et de progrès commun en créant notre propre histoire. Chaque petite perfection présente, passée ou à venir, est unique. C’est un babillage frais et neuf, et nous offrons le notre, en connaissant toutes ses limites.

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2/ Les trois yogas, portes de l'état naturel

Le yoga des amateurs d'offrandes naturelles

A- Le yoga des mouvements inspirés : l’émergence du jardin naturel de l’âme
Si nous voulons sincèrement sortir de l’inertie, il faut mette en mouvement nos gouttes congelées et activer nos vents oisifs pour libérer le ressort fondamental de l’être. Cela passe par la mobilisation du physique et la création d’un environnement inspirant qui demande du muscle et des jambes. Plusieurs disciplines corporelles peuvent nous servir dans la réalisation de cet objectif, pourvu qu’elles prennent le divin en ligne de mire, et ne se réduisent pas à la dimension sportive épuisante pour l’âme.

Transformer le vital physique
Pour réveiller les parties basses du vital, nous pratiquons volontiers des arts martiaux comme l’aïkido et le kung fu. Mais d’autres formes de combat un tant soit peu agressives feront l’affaire tout aussi bien, pourvu qu’elles libèrent le potentiel refoulé de nos instincts à travers des mouvements puissants et équilibrés. Les contreparties masculines et féminines de l’être vital se trouvent aimantées par ces jeux de pression réciproques que le vital adore. Il en résulte la possibilité de réunion des vents polarisés dans la substance des gouttes qui leur servent de support, dès lors qu’ on parvient à voir dans le partenaire une âme en mouvement et pas juste un corps-objet figé dans une forme. L’aïkido demande rapidité et flexibilité devant les attaques portées et potentielles, et ne supporte aucun immobilisme. L’énergie cinétique et potentielle des deux pôles cherchent à s’harmoniser en permanence, afin de réaliser une situation d’équilibre dynamique.



Pour ceux qui sont d'une nature plus contemplative et aimant la nature, le jardinage est une activité qui donne beaucoup de joie. Les légumes aussi bien que les fleurs et les arbres, possèdent chacun leurs qualités propres. Après avoir fait des légumes, nous avons découvert les joies des fleurs, et nous espérons un jour pouvoir planter quelques arbres.


Transformer le vital esthétique
Pour faire vibrer la partie médiane du vital et toucher sa vérité – son « psychisme » propre – toute forme de danse, de musique ou de rituel mettant en jeu des sentiments intérieurs, des « bhavas » innés, convient très bien. Même si l’ancrage dans le sol avec les jambes et le bassin sont déterminants dans la pratique du Bharata-natyam, la liaison nécessaire entre le coeur, les yeux et les gestes permet de faire sortir toutes les émotions comprimées et de les sublimer en réduisant à zéro la distance entre soi et les expressions nuancées infinies de l’âme. Dans la théorie classique indienne du théâtre, de la danse et de la musique, la grâce des mouvements et la beauté des sons, la variété des sentiments et les physionomies ondoyantes des artistes permettent au spectateur de trouver des échos chatoyants dans son être propre. Abhinavagupta a parfaitement explicité cette vue dans ses « tantraloka » et rendu justice aux oeuvres de vie divine parfois méprisées au profit de la contemplation statique. L’amateur d’art goûte la saveur des « rasas » et libère ainsi la manifestation spontanée du sentiment humain dans son état naturel – même impur, trouble et confus – en abolissant les barrières énergétiques, grâce au délice et à la félicité engendrée par l’absence de jugement mental, l’émerveillement et l’admiration devant la perfection en jeu. La scène offre un espace où les conventions et les concepts ordinaires sont abolis pour faire place à un Monde libre en effervescence plein d’inventions et de nouveauté. En pratiquant les improvisations rituelles dansées et musicales, le vital retrouve sa liberté et s’unit à l’âme qui l’imprègne naturellement, loin de la sclérose des traditions et des fantaisies débridées du « monde moderne ».


> Bharata Natyam

Transformer le vital yogique
Pour illuminer la partie haute du vital, le yoga traditionnel, les pranayamas, tsa-lung et trulkhors variés, ainsi que les pratiques de chi kung et taïchi prennent tout leur sens. Ils ont été conçus de façon méthodique pour mettre en ordre de marche les éléments du corps et lui permettre de faire circuler au mieux le souffle divin, d’en être un instrument et un véhicule adéquat. Nous pouvons retrouver l’origine de ces exercices par nous-mêmes, en usant de notre discernement naturel et en découvrant des « mouvements spontanés » de nourrisson. Lorsque la « kundalini » physique enfouie dans le corps embryonnaire des cellules vivantes se réveille, elle rappelle l’intelligence innée du corps. Mais nous pouvons aussi appliquer simplement ce que les maîtres ont expérimenté et légué en tentant de découvrir les cognitions valides qui accompagnent naturellement les mouvements de yoga codifiés. Dans tous les cas, nous intégrons notre faculté auto-motrice fondamentale à la source du coeur dans l’état naturel.

Le mantra résonne naturellement sous forme de musiques, de dessins et d’offrandes spontanées qui embellissent notre environnement intérieur et extérieur, lorsque le sens des textes sacrés et des rituels cesse d’être imposé de l’extérieur et s’origine vraiment à partir de notre coeur. Nous n’imitons rien, mais nous cherchons à jouer librement et gratuitement avec le divin, en faisant ce qui nous plaît vraiment, lorsque la vérité de notre vital est apparue grâce à la mobilisation des vents et des gouttes, et que son psychisme inhérent commence à rayonner librement. Les oeuvres s’accomplissent d’elles-mêmes quand une proximité sensible et amicale relie les protagonistes autour d’une même table de jeu, quand chacun a un rôle différencié et sent d’égale valeur. Le yoga de la petite perfection marche mieux à plusieurs et apporte une richesse à nulle autre pareille, car cela permet de véritables mouvements spontanés entre les participants et une variété unique de points – de – vue, qu’un seul individu isolé ne saurait rassembler en lui-même. Pour réaliser le jardin naturel de l’âme, chacun doit apporter quelque chose d’original et de différent, afin qu’un trésor collectif puisse se constituer petit à petit et se substituer aux apparences tronquées des autres et aux vecteurs de souffrance personnels. Il en résulte une joie évidente, qui naît de la pénétration naturelle des vents dans le canal central, une fois que les polarités se sont complétées, et que les souffles séparés ont retrouvé leurs contraires qui étaient éparpillés dans les canaux du corps.

B- Le yoga de l'Imaginaire : l’initiation au Roman dharmique et aux écritures alchimiques

Nous avons vu qu’il est possible de faire surgir le psychisme du vital à travers des mouvements physiques (yoga, danse, musique et rituels), mais il est aussi souhaitable de l’éclairer directement à partir de l’Imagination véridique. Dans ce cas, nous avons une plus grande latitude pour manoeuvrer, car nous agissons directement à partir du corps subtil, ce qui laisse entrevoir le « sambogakaya du chemin ».

Le roman dharmique permet de se libérer des contraintes matérielles et de la pauvreté de notre monde ordinaire, en lui substituant une richesse fondée sur l’expression cohérente de nos désirs dans un espace de liberté plus grand. Nous évitons les refoulements et nous nous libérons des archétypes envahissants, en les intégrant dans une extension de soi immanente. Nous pouvons projeter nos rêves de sagesse dans un milieu fiable serti de cognitions valides. Les figures cristallisées du grand shaman, du prêtre, du sorcier, du guide infaillible, de la Mère divine et de l’enfant-divin succèdent à l’Ombre et au jeu trouble de l’anima et de l’animus, mettant fin à la tyrannie de l’ego réducteur. A la fin du processus d’intégration, la vie se déploie et se diffuse harmonieusement dans toutes ses extensions, mettant fin au diktat des images envahissantes et hypnotiques. Une variété d’histoires infinie se substitue à la répétition morne de schèmes usés.

L’imagination véridique qui engendre des cognitions valides permet dans un premier temps plus sûrement que le physique de dénouer l’ego dans son ensemble, car elle possède une puissance multiplicative intrinsèque. Nous pouvons explorer dans toutes leurs nuances les relations qui existent entre les personnages, jusqu’à créer un Monde saturé de clarté et de félicité. Ensuite, la conscience acquise en imagination ira spontanément se reporter et s’exporter au domaine du monde "réel", tout simplement parce que les vents qui agissent dans les représentations et dans le "monde" sont exactement les mêmes. Le jeu de l’imagination représente une émanation directe de l’âme, qui permet d’ouvrir le mystère de l’amour et de le vivre dans une infinité d’objets différents, par ricochets de vérité.

La méthode du roman dharmique s’apparente à une conjonction alchimique, qui permet de réunir tous les matériaux dont nous avons besoin, de les transformer et de les faire fructifier dans notre conscience, à partir d’essences de rosée extérieures et intérieures. Nous effectuons une sorte de « tour du monde » pour collecter toutes les pièces vulgaires et les soieries précieuses, et il en résulte un trésor caché qui fermente et attend d’être découvert et exposé au grand jour. L’initiation au roman dharmique est accomplie lorsqu’on ne voit plus les « archétypes » de la psyché s’imposer de l’extérieur à la conscience, mais quand on les vit de l’intérieur à travers des personnages multiples, avec lesquels nous sommes ni séparés ni collés. Nous sommes unis à eux, mais sans confusion. En un mot, nous avons acquis de haute lutte la capacité de les aimer, et nous avons réalisé leur « vacuité » d’existence intrinsèque grâce à l’état naturel qui les enveloppe également et intégralement. L’ensemble du Roman est un mouvement évolutif qui marque les progrès de notre esprit dans sa capacité à s’unir à des objets toujours plus nombreux et diversifiés, délicats et ciselés. Il marque notre avancement dans l’art de l’observation du détail, la précision et le perfectionnement de nos sens.

La technique d’écriture propre au roman dharmique se repère parfois dans les traditions alchimiques, dans les récits mythologiques et dans les contes pour enfants. Dans tous les cas de figure, des variations de signification sont introduites autour d’ « objets infinis » qu’une communauté d’auteurs et de lecteurs se partagent. C’est le sens de la Messe et de la communion, mais cristallisée dans un objet unique. On chercherait en vain des références vraiment objectives aux descriptions minéralogiques de transformation du métal vulgaire en or potable, malgré les tentatives réalisées dans cette direction, sans véritable résultat. L’étude des pierres, des métaux et de la chimie est un prétexte pour approfondir dans un Monde partagé des significations produites collectivement de façon consciente. Dans le processus ordinaire d’acquisition des connaissances et de déploiement du sens, le sens des mots est élaboré plus ou moins inconsciemment selon les besoins matériels. Dans le cas d’une culture alchimique, il répond à un besoin de partage et au désir de créer des objets infinis, rayonnant comme des diamants étincelants, et inépuisables comme des sources abritées. Les « écritures secrètes et adamantines » ne cachent pas des mystères hautement ésotériques, mais les Monde partagés et intimes de leurs auteurs qui s’aiment, et qu’ils étaient capables de vivre et de partager par télépathie et symbiose. La même logique prévaut dans les biographies des maîtres et les hagiographies des saints. Les temps de veille, de rêve, de samadhi, de sommeil se confondent dans les descriptions, car une même Réalité les pénètre tous également et prend des multiples formes, si bien que les oppositions fondées sur les conceptions et les apparences ordinaires perdent naturellement leur pertinence et leur objet. De quoi déconcerter le non-initié, lui faire repousser tout ça comme fadaises et stupidités, et désorienter définitivement le curieux qui reste isolé dans sa tour d’ivoire et déchiffre fiévreusement les glyphes de l’âme, sans s’intéresser aux autres. Le mystère de la signification se découvre et se savoure à plusieurs, car c’est le thème de l’amour.

C- Le yoga de la connaissance : l’invention de la Théoscopie ou Roman de l'Intellect
De même que nous pouvons nous unir à des objets vitaux et imaginaux pour en découvrir l’infinitude latente, les émanations de l’intellect supérieur nous offrent cette ressource majeure. Si nous savons apprécier et jouir des productions raffinées de l’intelligence, nos vents seront automatiquement attirés par les bijoux de l’esprit. Il n’y a pas fondamentalement de différence entre les yogas de la petite perfection, comme pour ceux de Sri Aurobindo. Ils visent la même réalisation de l’unité du Moi et des phénomènes, à travers un « retournement » de l’esprit sur lui-même, une fois que les vents porteurs des apparences et des conceptions ont fusionné avec leurs objets. L’ensemble se dissout et se ramène à la dimension non-née du coeur, tandis que les parties éparses semblent surgir comme fragments du fait de l’ignorance. En réalité, elles forment déjà un tout achevé, même si nous n’en avons pas conscience. L’Intellect a la particularité de fabriquer des ensembles immenses qui ont leur propre logique et leur propre valeur, qui ne peuvent pas se réfuter de l’extérieur mais reflètent la cohérence interne du mouvement de vérité. Ce sont des sortes de Romans, que nous prenons souvent pour des choses objectives, alors qu’ils ne renvoient finalement qu’à eux-mêmes. Ils sont parfaitement « vides « en ce sens et nous permettent de découvrir et d’approfondir cette qualité de l’esprit.

Ainsi que l'a exposé Sri Aurobindo dans La synthèse des Yogas Vol.3, le mental supérieur se développe jusqu’à flirter avec les sphères du supramental en traversant les zones du surmental sans s’y arrêter. Bref, la luminosité intrinsèque de notre mental, le « sem », se révèle et provoque une floraison de cognitions valides dans l’esprit renouvelé, qui se substituent aux croyances non vérifiées, les justes comme les fausses. Le développement des facultés de l’être que nous avons nommé « anthroposcopie » est indissociable de la « théoscopie », l’autre rameau de ce yoga.

La théoscopie est une méthode évolutive qui traque les cognitions valides, décrit dans le détail et le menu chaque voie et chaque tradition – voire chaque école – et qui sait apprécier les relations multiples et parfois houleuses que l’homme a entretenu au cours de son histoire avec la nature divine dans les religions et dans les cultures. Sous la forme d’un tableau vivant et d’un jeu de miroirs, où les systèmes s’éclairent les uns par rapport aux autres, nous avons éclairci les mystères de religion comparée réputés inabordables même par les plus grands experts. Nous l’avons limité à ce que nous connaissons et avons pratiqué, et nous avons développé le « B.A.C.H »- playing pour étayer nos recherches, mais il est tout à fait possible de poursuivre plus loin les investigations sur cette base.

Cela dit, le but de la théoscopie n’est pas de fournir des thèses et du grain à moudre supplémentaire pour le mental, mais d’ouvrir l’esprit en le densifiant au maximum, pour le saturer de cognitions valides, afin qu’il gagne en pouvoir expansif. Bref, afin qu’il devienne vaste. En fait la théoscopie et l’anthroposcopie peuvent s’appliquer à n’importe quelle matière, et pas seulement aux religions et à l’homme, du moment qu’elles dévoilent dans le fini l’expression de l’infini. L’ouverture naturelle de l’esprit réside dans sa faculté innée de percevoir l’infini dans le fini, et le fini dans l’infini. De voir des objets infinis comme des diamants, jamais épuisés, quelle que soit la face par laquelle on les contemple ou on en use. Le yoga de la petite perfection est donc une culture des objets infinis dans son jardin naturel.

L’apparition réelle du Maître naturel résulte de l’interaction intelligente entre les deux pôles internes et externes. Pour que l’alchimie prenne, on s’appuie sur l’ « extérieur » , mais cet extérieur est transformé à l’intérieur, qui vient à son tour modifier l’extérieur. Cela forme une boucle vertueuse et un circuit de vie, où l’extérieur de l’un est l’intérieur de l’autre, si bien que les deux dévoilent une même source unique et indicible.

4/ Le yoga naturel : la création auto-libérée

Une fois l’état naturel introduit par une des trois portes mentionnées, on peut aisément se placer dans l’enceinte centrale claire par elle-même, et suivre l’émergence des cognitions valides qui va s’amplifier et se densifier, corrélée avec les apparitions lumineuses qui marquent l’accession à la citadelle de la liberté.

Ce qui apparaît autour de nous sous forme de « lumières » de « rayons », de « formes » diverses, nous pouvons l'appeler le déploiement naturel et spontané de la « Nature ». Non pas la nature par opposition à la culture, ou l’aspiration à une idéalisation de notre environnement. Mais juste la nature comme une expression sensible et immédiate du corps de Dieu, qui apparaît et se déploie sous forme d’apparences pures autour de nous comme à l’intérieur de nous, sans distinction superflue.

Cette activité spontanée se déploie sous forme de cinq lumières parfaitement claires, qui accompagnent toutes nos cognitions valides et président à la naissance des formes simples et complexes de la matière. Chaque phénomène qui nous apparaît au sein de notre esprit est double. D’une part il est porteur d’un aspect terne et sans vie, qui mène au samsara, aux bardos et à la souffrance et aux misères propres aux phénomènes composés et aux agrégats morcelés. D’autre part il est porteur d’une clarté intrinsèque qui conduit au Nirvana, la substance vivante dans laquelle la vibration de vérité peut inscrire ses histoires sans fin par ses opérations d’empathie locale, de télépathie inclusive et de sympathie universelle. De compassion, d’amour et de joie partagée. L’ensemble infini des cognitions valides en mouvement et des lumières intrinsèquement reliées, nous pouvons l’appeler Sambhogakaya ou Corps de Jouissance.

Toutes les cognitions valides accompagnées de leur aspect lumineux forment l’aspect de clarté de cet état qui se propage en échos vides sous l’aspect d’une vibration de vérité omniprésente dans le samsara comme dans le nirvana. Identifier ce mouvement inné c’est voir sa propre nature. Persister dans cette reconnaissance sans s’en écarter et sans la corrompre c’est pratiquer en vue de la libération de la création. Disjoindre le samsara et le nirvana, c’est donc s’intégrer sans efforts à ce dynamisme. Cela apporte la joie, la prospérité, le bonheur, et la félicité. Ignorer ce jaillissement nous dirige automatiquement vers les terres de la fatalité karmique et la loi d’enchaînement mécanique des causes et des effets.

A l’extérieur, cette Nature se manifeste sous l’aspect de la force qui fait pousser les fruits et les légumes, rayonne à travers les rayons du soleil, la clarté de la lune et la noirceur de la nuit. Les ensembles visionnaires diurnes et nocturnes se ramènent à une même Base, de laquelle tout surgit et se ramène spontanément, sans plans. Elle se diffuse en amour et de compassion, sans établir de distinctions et de préférences.

Les lampes de la Petite Perfection
Nous disposons de plusieurs loupiotes pour éclairer notre chemin de petite perfection. La Lampe originelle, omniprésente et éternelle, porte la vibration de vérité fondamentale. Elle transcende toutes les oppositions et forme les nervures de l’univers. Dans notre coeur, nous trouvons la « Lampe de l’Etre psychique », (l’âme) qui éclaire les vents qui partent du coeur. De là, le canal central surgit spontanément de façon dynamique sous l’effet d’une impulsion initiale et pure, avec ses compartiments inter-reliés, ses « roues » mouvantes et ses « chakras » vivants. Ce mouvement se traduit par la formation du « corps subtil », la révélation du « sambogakaya» à l’intérieur de soi et son extériorisation sensible sous la forme du Nirmanakaya. Les branches du corps subtil s’ouvrent par des petites lucarnes sur le monde, illuminées par la « Lampe flamboyante qui éclaire les petits loupiots ».

A chaque stade de développement de l’esprit correspond l’éclosion d’une luisance particulière. Quand nous ne voyons rien – ce qui constitue la triste mesure de notre état ordinaire – notre Discernement est écorné, et nous en déduisons que la « lampe de la réalité » est éteinte. Quand nous voyons une lueur évanescente mais que nous peinons à distinguer quelque chose de vraiment clair, on peut en déduire que la « lampe de la réalité » s’est allumée, grâce à l’éclat de notre discernement naissant. Mais tant que la lampe qui supporte et conditionne la « distinction précise des apparences » n’est pas encore opérante, nous voyons sans trouver. Elle se signalera ultérieurement par le fait que nous pouvons travailler à partir de perceptions plus véridiques et d’apparences plus pures, et que nous pouvons commencer à constituer une « collection de mérites » dans le temps qui se substitue aux visions erronées du samsara et qui s’inscrit durablement dans notre Arbre psychique. Bref, une continuité réelle et stable peut commencer à s’établir. Encore quelque efforts et la « lampe de la joie innée » va éclairer notre environnement et nous-même, en transcendant les limites de la forme corporelle et des sphères mentales. Elle se tient au-delà de l’intellect, et permet à l’amour inné de s’épancher sans rencontrer de limites et d’obstacles.

Enfin la « lampe de l’achèvement » permet de s’unir immuablement à la source des trésors en stabilisant la conscience dans la réalisation du « Moi statique », à travers le cheminement original de la voie de la petite perfection qui inclut les autres en soi à la base.

Les termas de la Petite Perfection
Un « terma » de la petite perfection est donc un surgissement de vérité commun, dont les aspects apparaissent simultanément dans plusieurs esprits autour d’un stoupa naturel. Il devient alors une sorte de propriété collective et le lieu actif d’une réflexion et d’histoires partagées, ce qui multiplie les qualités et les effets positifs, permettant de réels progrès pour chacun. Le Roman dharmique permet de fabriquer un moule propre à intégrer des termas évolutifs. Le stoupa peut être approché par de multiples manières, ce qui correspond à autant de « voies » d’un même Objet infini. Ainsi, on peut avoir une approche variée du Roman qui condense les qualités, et en avoir une lecture et une approche plus anthroposcopique, psychologique ou intégrale.

Ce qu’Aurobindo a appelé supra-mentalisation, les pratiquants connus et inconnus des « termas de la Lumière et du Feu » l’ont toujours fait, sans se donner un nom particulier, en s’intégrant collectivement au rayonnement spontané de la Nature autour d’une antenne. Cela mène une transformation des éléments pénétrés peu à peu par leur propre lumière cellulaire et l’aspect d’une « descente », du plus léger au plus opaque, de l’air à la terre. Ce processus culmine avec l’intégration définitive et sans retour du corps physique, de la parole et de l’esprit dans « l’état naturel » des individus. Le signe est la réalisation du « corps-d’arc-en-ciel » sous la forme spectaculaire de grands êtres qui accomplissent toutes sortes de miracles, finissent par se dissoudre par-delà l’atome sans laisser de traces, et subsistent sous forme d’agrégats de matière subtile immortels. Ou du mini corps d’arc-en-ciel des vers luisants qui ont juste enfourché et chaussé les bottes du divin par dévotion et amour, sans tapage ni démonstrations publiques, en se faufilant dans la tente du coeur, et en reconnaissant intérieurement leur néant d’existence. Ils passent alors incognito dans le Nirvana des illustres inconnus.

Multiplication des qualités
Contrairement à l’erreur commune des chantres de l’instant présent, les visions des phénomènes ne vont donc pas se résorber d’un seul coup dans l’ « absence de caractéristiques », chère aussi aux traducteurs modernes. Au contraire, elles vont se multiplier au fur et à mesure de leur purification, jusqu’à atteindre le seuil fatidique au-delà duquel elles se réintègrent d’elles-mêmes dans la Base. Ce qui va se traduire par la prolifération des qualités et l’apparition d’oeuvres du corps, du coeur et de l’esprit. Mais en attendant la Quatrième vision, ce déploiement merveilleux a tout le temps et le loisir de donner des beaux fruits avant de s’estomper. Et il est impossible de vouloir stopper un tel processus, car il ne dépend pas du mental et des agrégats de conscience ordinaire pour se propager, ni à son initiation ni à son apogée, ni lors de sa maturation.

La voie de la petite perfection est naturellement auto-libérée des trois poisons et de toutes sortes de souillures en son principe, même si ses pratiquant sont plein de défauts et de limites. L’amélioration de nos facultés et la purification de notre coeur ne doit rien à nous-mêmes. C’est l’aboutissement et le résultat spontané de toute l’oeuvre de la Nature. La seule chose que nous pouvons « faire », c’est de laisser ce mouvement inné se déployer et se résorber en lui-même, sans s’y opposer de façon artificieuse. Nul doute qu’il dévoilera pour chacun ses propres trésors et des bonnes surprises.


De l'amitié dans la Religion Naturelle

5) Le yoga de l'elfe

Le manuel du compagnon d'elfe - Comment vivre une relation parfaite


Conclusion

L’erreur du micro- pratiquant est donc de vouloir imiter les « grands », alors qu’il ferait mieux de se construire un petit monde parfait et achevé, c’est-à-dire formant un tout évolutif mais déjà complet en ses parties. Le roman dharmique, les offrandes naturelles et la culture des objets infinis sont un exemple de germination d’une petite serre naturelle, qui sera tout aussi bien arrosée et infusée qu’ un champ immense, parce que l’état naturel a ni taille ni forme, ni partialité ni préférences. Il faut trois ingrédients essentiels pour que la sauce prenne : une transmission réelle avec des maîtres « accomplis » envers lesquels on a une foi fondée sur l’empathie, l’étude sérieuse des textes, et une télépathie qui se développe spontanément entre des êtres de roman et des amis de chair et d’os. Alors on peut se développer harmonieusement, et il en résulte une sympathie naturelle pour la nature et les êtres, avec à la clef l’ouverture sur le « grand jardin naturel. » En résumé, la ligne directrice est simple : puiser dans le monde des matériaux fascinants, et par une sorte d’alchimie, se constituer un environnement de pureté, afin de stimuler l’être psychique. A partir de là, une réalisation de la vacuité devient possible, car la source de cette pureté et de tout phénomène est l’état naturel, qui s’exportera naturellement et spontanément à tous les objets que nous percevons si nous maintenons fermement le cap.

 

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